Au Cri, la joie là où on ne l’attend pas
Au Cri, la joie là où on ne l’attend pas
Ici, la joie n’efface pas le réel : elle apprend à l’habiter.
summary
Across recent issues, Le Cri reveals a recurring pattern: joy emerging in unlikely places — mafia lands, childhood grief, war trauma, political struggle, artistic syncretism. This joy is not decorative but resilient, not naïve but incarnate. Through diverse testimonies, the magazine sketches a contemporary anthropology where joy becomes a way to endure, resist, remember, and hope.
📝 Article
En parcourant les derniers articles du Cri, un motif s’impose avec discrétion mais constance : la joie. Pas la joie évidente. Pas la joie confortable. Une joie qui apparaît là où, normalement, elle ne devrait pas être.
Éduquer contre la mafia
Dans la Calabre des années 1960, Don Italo Calabrò comprend que « l’éducation est le meilleur ennemi du crime organisé ». Face à la ’Ndrangheta, il ne brandit ni morale ni héroïsme spectaculaire, mais l’école. Ici, la joie n’est pas un sentiment, c’est une patience active, une confiance obstinée dans l’intelligence humaine comme chemin de libération.
Rire plus fort que la mort
Nicolas Mathieu raconte un souvenir d’enfance : « Je n’avais jamais autant ri de toute ma vie. » Ce rire partagé avec un cousin devient un fil qui traverse quarante ans d’existence : « On rit tout le temps, même aux obsèques. » La joie est ici fidélité affective, mémoire heureuse qui résiste au temps et à la mort.
Prier après l’attentat
À Damas, après l’attaque de l’église Mar Elias, les chrétiens « pansent leurs plaies ». La joie n’est ni bruyante ni naïve : elle est fragile, presque invisible, mais elle empêche le désespoir de gagner. C’est une joie qui tient debout dans la foi et la communauté.
Une joie qui ouvre un combat
Anne Soupa parle d’une « joie murmurante, tournée vers l’avenir », née d’un geste qui « ouvre un combat ». Une joie discutée, qui divise, mais qui traduit le sentiment d’avoir été entendue. Ici, la joie prend la forme d’une énergie militante, mêlée de conscience douloureuse.
La lumière pop de Rosalía
Rosalía chante « Aimer d’abord le monde, puis aimer Dieu » et convoque Simone Weil, la Vierge Marie, les drag-queens et Montserrat dans un même univers. Sa joie est esthétique, culturelle, syncrétique : une modernisation audacieuse de l’imaginaire sacré.
Croire pour survivre
Clémentine Autain confie : « Quand ma mère est morte, j’ai eu besoin de Dieu. » Une démarche brève mais révélatrice : dans le choc du deuil, la joie prend la forme d’un appui vital, presque instinctif, pour ne pas sombrer.
À travers ces portraits très différents, Le Cri ne donne pas une définition de la joie. Il en montre les visages. Spirituelle, affective, militante, communautaire, artistique, intime.
Le slogan du média — « Chrétien, radical et joyeux » — prend alors tout son sens : radical dans le regard porté sur les fractures du monde, joyeux dans le refus de les laisser avoir le dernier mot.
🔎 Points importants (English)
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Joy presented as resilience, not comfort
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Education as resistance to violence
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Laughter as long-term existential bond
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Faith as support after trauma
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Activist joy versus contemplative joy
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Artistic reappropriation of Christian symbols
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Joy as a way to endure reality
🗂️ Sources
Articles du Cri publiés entre décembre 2025 et janvier 2026 :
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Don Italo Calabrò
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Nicolas Mathieu
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Anne Soupa
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Rosalía
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Clémentine Autain
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