✊ Joseph Wresinski, le prêtre qui fit des plus pauvres des maîtres de vérité
✊ Joseph Wresinski, le prêtre qui fit des plus pauvres des maîtres de vérité
🇬🇧 Summary (English)
Joseph Wresinski (1917–1988), a French Catholic priest born into extreme poverty, founded ATD Quart Monde. He transformed the fight against poverty into a matter of human dignity and fundamental rights, inspiring the UN’s recognition of October 17 as the International Day for the Eradication of Poverty.
📖 Évangile en écho
« Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. »
(Matthieu 25,40)
🧭 Biographie
1. La pauvreté vécue, non étudiée
Né en 1917 à Angers dans une famille immigrée très pauvre, Joseph Wresinski connaît l’humiliation sociale dès l’enfance : faim, expulsions, marginalisation. Cette expérience ne sera jamais un souvenir effacé. Elle deviendra le socle de toute sa pensée.
Wresinski n’est pas un théoricien en chambre. Il parle depuis une mémoire blessée. Cette expérience personnelle forge sa conviction : on ne combat pas la misère par la condescendance.
Ordonné prêtre en 1946, il choisit d’exercer son ministère au plus près des milieux populaires. Il ne veut pas observer la pauvreté ; il veut la traverser avec ceux qui la subissent.
2. Refuser la charité humiliante
En 1956, il rejoint le camp de sans-logis de Noisy-le-Grand. Là, il découvre une misère qui détruit bien plus que le confort matériel : elle brise l’estime de soi, réduit au silence, enferme dans la honte.
Il critique la simple assistance qui entretient la dépendance. Ce qu’il vise, c’est la participation. Redonner parole, responsabilité, place publique.
C’est dans cet esprit qu’il fonde ce qui deviendra ATD Quart Monde. Les plus pauvres ne sont pas des bénéficiaires passifs : ils sont partenaires, porteurs d’une connaissance unique de l’injustice sociale.
3. Faire entrer les plus pauvres dans le débat politique
Wresinski comprend vite que la misère ne peut être traitée uniquement par des œuvres caritatives. Elle exige une transformation des structures.
Son rapport de 1987 au Conseil économique et social marque un tournant : la grande pauvreté devient une question de droits fondamentaux. Ce n’est plus un problème moral privé, mais une question politique.
Le 17 octobre 1987, il rassemble des milliers de personnes au Trocadéro. Cette date deviendra, sous l’impulsion de l’ONU, la Journée internationale de lutte contre la pauvreté.
4. Une vision spirituelle profonde
Au cœur de son combat, il y a une foi radicale. Pour lui, le Christ est présent dans les humiliés. La misère est un Golgotha contemporain.
On devine une théologie incarnée : Dieu n’est pas du côté des puissants, mais des oubliés.
Sa vie témoigne d’un christianisme exigeant, où l’amour du prochain devient lutte pour la justice. Il meurt en 1988, laissant un mouvement vivant et une cause de béatification ouverte.
🙏 Prière
Seigneur Jésus,
toi qui as partagé la condition des plus pauvres,
apprends-nous à ne pas détourner le regard.
Fais de nous des artisans de justice et de dignité.
Amen.
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