Léon XIV reçoit les évêques de France avant son grand voyage

 

Derniers réglages avant Paris





English summary

Four weeks before Pope Leo XIV’s apostolic journey to France, the entire presidency of the French Bishops’ Conference was received at the Vatican on 28 August 2026: Cardinal Jean-Marc Aveline, Archbishop of Marseille and president of the conference, together with vice-presidents Archbishop Vincent Jordy of Tours and Bishop Benoît Bertrand of Pontoise. The Vatican has not disclosed the content of the meeting. Its timing is nevertheless significant, as the Pope prepares for a four-day journey through Paris, Saint-Denis, Lourdes and Metz, during which he will meet political authorities, clergy, young people, catechumens, bishops, the sick and representatives of civil society. Cardinal Aveline has said that French Catholics expect Leo XIV not only to encourage them, but also to offer a “road map” for the years ahead.



Saint du jour : le martyre de saint Jean-Baptiste

Le 29 août, l’Église célèbre le martyre de saint Jean-Baptiste.

L’Évangile du jour raconte son emprisonnement par Hérode Antipas après que Jean lui a reproché son union avec Hérodiade. Il sera finalement décapité à la suite de la promesse imprudente faite par Hérode pendant un banquet.

Jean-Baptiste reste ainsi la figure du prophète qui accepte de dire une vérité désagréable au pouvoir.

Le rapprochement avec l’actualité française ne doit évidemment pas être forcé. L’Église de France ne se trouve pas devant Hérode.

Mais la fête du jour rappelle une exigence fondamentale : une parole chrétienne ne peut être simplement construite en fonction de ce que le pouvoir ou l’opinion souhaite entendre.


Toute la présidence de la CEF au Vatican

Vendredi 28 août, Léon XIV a reçu au Vatican le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France.

Il était accompagné de ses deux vice-présidents, Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours, et Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise.

Il s’agit donc de l’ensemble de la présidence de la CEF. Mgr Bertrand préside en outre le comité chargé de l’organisation de la visite pontificale.

L’audience intervient à exactement quatre semaines du voyage apostolique de Léon XIV en France.


Une réunion organisée au dernier moment

Selon I.MEDIA, information reprise par France Catholique, la rencontre aurait été organisée au dernier moment.

Le détail attire forcément l’attention.

Mais il faut immédiatement ajouter ce que nous ne savons pas.

Le Vatican n’a pas communiqué sur le contenu de l’entretien.

Il serait donc imprudent d’affirmer qu’une crise particulière, un dossier doctrinal ou une difficulté politique précise aurait provoqué l’audience.

Le président et les vice-présidents d’une conférence épiscopale sont régulièrement reçus par le pape.

La proximité du voyage français suffit déjà à expliquer l’importance de la rencontre.


La France attend Léon XIV

Léon XIV arrivera à Paris le 25 septembre et repartira le 28 septembre.

Le programme officiel prévoit quatre grandes étapes : Paris et Saint-Denis le premier jour, puis Lourdes et enfin Metz.

Le voyage commencera immédiatement au sommet de l’État.

À 11 heures, Léon XIV rencontrera le président de la République à l’Élysée.

À 11 h 45, il s’adressera aux autorités, à la société civile et au corps diplomatique.

Puis il se rendra à l’UNESCO.

Le pape entrera donc en France par deux portes très différentes :

la République française,

puis la communauté internationale.


De l’Élysée à Notre-Dame

La journée du 25 septembre changera ensuite complètement de tonalité.

À 17 h 15, Léon XIV présidera les vêpres à Notre-Dame de Paris avec les évêques, prêtres, diacres, personnes consacrées et séminaristes.

Puis, à 21 heures, il rejoindra le Stade de France pour une grande veillée avec les jeunes.

En quelques heures, le pape s’adressera donc :

au président de la République,

aux diplomates,

au monde de la culture,

au clergé français,

et à la jeunesse.

Il sera difficile de trouver meilleure photographie des différents mondes auxquels l’Église de France doit aujourd’hui apprendre à parler.


Le lendemain, les catéchumènes

Le programme du 26 septembre est tout aussi révélateur.

Léon XIV commencera par la Maison Bakhita, structure consacrée notamment à l’accompagnement et à l’intégration sociale.

Puis il rencontrera à l’Institut catholique de Paris les membres de l’assemblée synodale provinciale, les catéchumènes et les néophytes.

Cette étape prend une importance particulière dans le contexte français actuel.

Le cardinal Aveline souligne lui-même depuis plusieurs mois l’augmentation du nombre de jeunes découvrant le christianisme et demandant le baptême ou la confirmation. Il estime que cette situation oblige l’Église de France à s’organiser autrement pour former et accompagner durablement ces nouveaux catholiques.

La question n’est donc plus seulement :

Pourquoi des jeunes reviennent-ils ?

Elle devient :

Que fait l’Église lorsqu’ils arrivent ?


Une messe place de la Concorde

Le samedi après-midi, Léon XIV célébrera la messe place de la Concorde.

Le lieu est évidemment chargé d’histoire.

Place Louis-XV.

Puis place de la Révolution.

Lieu d’exécution de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

Enfin place de la Concorde.

Voir un pape y célébrer publiquement la messe deux siècles plus tard constitue presque à lui seul un raccourci de l’histoire religieuse française.

Ce n’est pas une revanche sur la Révolution.

Mais c’est un rappel assez spectaculaire qu’une histoire nationale ne disparaît jamais complètement.


Lourdes : le cœur de la visite aux évêques

Le 27 septembre, le pape rencontrera directement l’ensemble des évêques de France dans l’hémicycle Sainte-Bernadette à Lourdes.

Cette rencontre pourrait être le moment le plus important du voyage pour l’avenir institutionnel de l’Église française.

Pas de chef d’État.

Pas de grande tribune internationale.

Pas de foule immense.

Seulement le pape face à l’épiscopat.

C’est probablement là que prendra tout son sens la formule employée par le cardinal Aveline au mois de mai.


« Une feuille de route »

Le président de la CEF a expliqué que Léon XIV venait écouter et encourager l’Église de France, mais aussi lui donner « une feuille de route » pour poursuivre sa mission dans les années à venir.

L’expression est forte.

Elle traduit l’idée que les évêques français n’attendent pas seulement un voyage de prestige.

Ils souhaitent entendre le pape sur une Église qui vit actuellement des réalités extrêmement contrastées.

Aveline cite notamment le dynamisme des catéchumènes et des pèlerinages.

Mais il évoque simultanément les communautés rurales vieillissantes et les conséquences toujours présentes de la crise des abus.

La situation française ne peut donc être résumée ni par :

« Tout s’effondre »

ni par :

« La France redevient catholique ».

Les deux images sont trop simples.


Une Église plus petite, mais parfois plus volontaire

Le catholicisme culturel a considérablement diminué.

Dans beaucoup de familles, le baptême, le catéchisme et la messe ne vont plus de soi.

Des paroisses vieillissent.

Le nombre de prêtres reste faible.

Mais cette diminution quantitative s’accompagne également de phénomènes nouveaux.

Des jeunes adultes demandent les sacrements.

Les pèlerinages attirent.

Des groupes de prière et de formation apparaissent.

Une partie de la nouvelle génération catholique semble vivre sa foi de manière plus volontaire précisément parce qu’elle ne bénéficie plus d’un environnement culturel chrétien.

Léon XIV découvrira donc une Église de France moins nombreuse qu’autrefois, mais parfois plus consciente d’être minoritaire.


Les fractures ne disparaissent pas

Le pape retrouvera également une Église traversée de désaccords.

Sur la liturgie.

Sur Vatican II.

Sur la manière de parler des questions morales.

Sur le rôle de la CEF.

Sur la place des mouvements.

Sur le rapport au monde politique.

Sur l’équilibre entre identité catholique et dialogue avec la société.

La crise récente autour de la Fraternité Saint-Pie-X a encore montré que certaines divisions françaises ne sont ni théoriques ni marginales : elles traversent parfois les mêmes familles. Les évêques français l’ont eux-mêmes reconnu en appelant à une communion renouvelée.

La « feuille de route » attendue ne pourra donc probablement pas éviter la question de l’unité.


Metz pour terminer par l’Europe

Après Lourdes, Léon XIV terminera son voyage à Metz, le 28 septembre.

Il participera à une rencontre interreligieuse puis à un rendez-vous consacré aux « racines de l’Europe pour la paix et l’unité », avant de célébrer la messe à la cathédrale Saint-Étienne.

Le choix de Metz est particulièrement parlant.

La ville se situe au cœur d’une région dont l’histoire résume presque à elle seule deux siècles de conflits entre la France et l’Allemagne.

Un pape parlant de paix et d’unité européenne dans cette ville ne choisit donc pas un décor neutre.

Le voyage commencera à l’Élysée.

Il s’achèvera sur la question de l’Europe.


Pourquoi l’audience du 28 août est importante

C’est précisément pour cette raison que la rencontre d’hier mérite un article.

Nous ne connaissons pas ce qui s’est dit.

Il ne faut pas inventer.

Mais le contexte est clair.

Le programme est arrêté.

Les rassemblements sont en préparation.

Les évêques savent ce qu’ils vivent.

Le pape connaît les grandes difficultés.

Il reste désormais à préparer la parole.

Un voyage pontifical produit beaucoup d’images.

Ce sont pourtant souvent quelques discours qui survivent.

Jean-Paul II et Benoît XVI l’ont suffisamment montré lors de leurs visites françaises.

Dans un mois, nous saurons si Léon XIV laisse lui aussi à la France quelques phrases destinées à durer.


Jean-Baptiste et la parole qui ne se négocie pas

La fête du jour fournit finalement une excellente conclusion.

Jean-Baptiste n’est pas martyr parce qu’il aurait découvert une technique de communication particulièrement efficace.

Il meurt parce qu’il considère qu’une vérité ne change pas lorsque celui qui l’entend est puissant.

Cela ne signifie pas qu’un pape doive arriver en France pour distribuer des condamnations.

La charité exige de savoir parler.

La diplomatie possède sa légitimité.

Le dialogue est indispensable.

Mais le christianisme perdrait précisément ce qu’il possède de particulier s’il ne savait plus dire autre chose que ce que chacun souhaite déjà entendre.

Le défi du voyage de Léon XIV pourrait finalement tenir dans cette formule :

parler à la France avec affection sans cesser de lui parler en chrétien.


Points essentiels

  • Léon XIV a reçu le 28 août 2026 toute la présidence de la Conférence des évêques de France.

  • Étaient présents le cardinal Jean-Marc Aveline, Mgr Vincent Jordy et Mgr Benoît Bertrand.

  • Le Vatican n’a pas révélé le contenu de l’entretien.

  • Selon I.MEDIA, l’audience a été organisée au dernier moment.

  • Léon XIV visitera la France du 25 au 28 septembre 2026.

  • Il passera par Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz.

  • Il rencontrera notamment les autorités françaises, les jeunes, le clergé, les catéchumènes et l’ensemble des évêques français.

  • Le cardinal Aveline attend notamment du pape une « feuille de route » pour les années à venir.

  • Le 29 août est la mémoire liturgique du martyre de saint Jean-Baptiste.


Sources

Trois représentants des évêques français reçus à Rome par Léon XIV

Programme officiel du voyage apostolique de Léon XIV en France

Cardinal Aveline : Léon XIV vient en France « nous donner une feuille de route »

AELF : messe du 29 août, martyre de saint Jean-Baptiste


Pour aller plus loin

Trois représentants des évêques français reçus à Rome par Léon XIV
Les faits connus sur l’audience du 28 août, à quatre semaines du voyage pontifical.

Le programme complet des quatre jours de Léon XIV en France
De l’Élysée à Metz, tous les rendez-vous officiellement annoncés par le Saint-Siège.

Pourquoi le cardinal Aveline attend une « feuille de route » du pape
Le président de la CEF expose les forces, les fragilités et les attentes actuelles du catholicisme français.


Commenter

Qu’attendez-vous d’abord de Léon XIV en France : une parole sur la foi, les vocations, la bioéthique, la laïcité ou l’unité de l’Église ?

Et le pape doit-il surtout encourager le renouveau actuel ou parler plus directement des fragilités du catholicisme français ?


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