Laurent de la Résurrection : le carme de Paris qui a façonné la spiritualité de Léon XIV

 

Dieu au milieu des casseroles




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🇬🇧 English summary

Brother Lawrence of the Resurrection, born Nicolas Herman in Lorraine around 1614, was neither a priest nor a famous theologian. He spent most of his religious life as a lay Carmelite brother in Paris, working first in the kitchen and later repairing shoes. Yet his simple teaching, learning to live continually in the presence of God, crossed centuries and borders. Pope Leo XIV has openly stated that The Practice of the Presence of God is one of the books that most deeply shaped his spiritual life, alongside the writings of Saint Augustine. On 26 September 2026, Leo XIV visits the Institut Catholique de Paris, built around the former Carmelite convent where Brother Lawrence lived and died. The encounter is therefore more than a historical coincidence: a Pope returns to the place where one of his principal spiritual guides learned to find God in prayer, work and the most ordinary actions of daily life.

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Le maître spirituel que la France avait presque oublié

Il existe des figures spirituelles dont le nom remplit les églises, les calendriers et les livres d’histoire. Thérèse de Lisieux possède sa basilique, Vincent de Paul son immense famille religieuse, le Curé d’Ars son sanctuaire, Charles de Foucauld ses disciples. Laurent de la Résurrection, lui, appartient à une catégorie beaucoup plus discrète. Il n’est ni canonisé ni béatifié, il n’a fondé aucun ordre et n’a jamais occupé de charge importante dans l’Église.

Pourtant, lorsqu’un journaliste demande à Léon XIV, le 2 décembre 2025, quel livre il faudrait lire pour comprendre Robert Francis Prevost, après saint Augustin, le pape pense précisément à lui. Il cite La Pratique de la présence de Dieu, ouvrage rassemblant les paroles et lettres d’un humble frère carme du XVIIe siècle, puis ajoute que cette manière de prier est sa spiritualité « depuis de nombreuses années ».

Quelques jours plus tard, Léon XIV va encore plus loin. Il rédige lui-même la préface d’une nouvelle édition publiée par la Librairie éditrice vaticane. Il y affirme que ce petit ouvrage est l’un des textes qui ont le plus marqué sa vie spirituelle et l’ont formé sur le chemin de la connaissance et de l’amour du Seigneur.

Voilà qui suffit à faire de Laurent de la Résurrection beaucoup plus qu’une curiosité du Grand Siècle.

Il est l’un des hommes qui permettent de comprendre Léon XIV.

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Avant Laurent, il s’appelait Nicolas Herman

Le futur frère Laurent naît vers 1614 à Hériménil, près de Lunéville. Il faut ici apporter une petite nuance historique : nous sommes en Lorraine, dans un duché qui ne fait pas encore partie du royaume de France. La Lorraine ne sera définitivement rattachée à la couronne française qu’au XVIIIe siècle. Laurent est donc lorrain par naissance, même si sa vie religieuse se déroulera à Paris et si la Bibliothèque nationale de France le classe parmi les auteurs français.

Son enfance et sa jeunesse restent mal connues. La principale source ancienne est Joseph de Beaufort, qui recueille après sa mort ses lettres, ses maximes et les souvenirs de leurs conversations. Selon ce témoignage, Nicolas Herman connaît vers dix-huit ans une expérience spirituelle décisive en regardant un arbre dépouillé pendant l’hiver. Il comprend que cet arbre, apparemment mort, portera de nouveau feuilles, fleurs et fruits au printemps. Cette évidence naturelle lui donne une intuition durable de la Providence et de la puissance de Dieu.

Mais il ne devient pas immédiatement religieux.

Il devient soldat.

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La guerre avant le Carmel

L’Europe est alors ravagée par la guerre de Trente Ans. Nicolas sert dans les troupes du duc de Lorraine Charles IV et connaît personnellement la violence du conflit. Il est fait prisonnier, échappe à la mort et reçoit ensuite une grave blessure qui l’oblige à quitter la carrière militaire. Les Carmes de Paris rappellent qu’il conservera les séquelles physiques de cette période.

Ce passé donne une profondeur particulière à sa spiritualité future. L’homme qui parlera sans cesse de paix intérieure n’est pas quelqu’un qui aurait grandi à l’abri du monde. Il a traversé une Europe en guerre, connu le danger et probablement la misère qui accompagnait les armées de l’époque.

Après cette expérience, Nicolas tente plusieurs voies. Il expérimente notamment la vie érémitique, sans trouver la stabilité recherchée, puis gagne Paris. Il y travaille quelque temps comme domestique avant d’entrer, vers vingt-six ans, chez les Carmes déchaux de la rue de Vaugirard. Il prend alors le nom qui restera dans l’histoire : frère Laurent de la Résurrection.

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Il ne devient même pas prêtre

Ce détail compte beaucoup.

Laurent n’entre pas au Carmel pour devenir théologien, prédicateur ou supérieur. Il reste frère convers, autrement dit religieux non prêtre chargé notamment des travaux matériels nécessaires au fonctionnement du couvent.

Et son premier grand ministère sera la cuisine.

Pendant environ quinze ans, Laurent prépare les repas d’une communauté qui compte plus d’une centaine de religieux. Les Carmes de Paris soulignent ce contraste étonnant : l’homme qui devient peu à peu réputé pour sa vie mystique passe l’essentiel de ses journées dans le bruit, les ustensiles, le feu, les provisions et l’organisation d’une immense cuisine conventuelle. Lorsque son état physique ne lui permet plus d’assumer cette tâche, il est affecté à la réparation des chaussures.

Nous sommes loin de l’image spectaculaire du mystique retiré du monde.

Laurent devient mystique en travaillant.

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La cuisine devient une chapelle

Toute sa spiritualité tient presque dans ce paradoxe. Laurent comprend progressivement qu’il n’existe pas nécessairement d’opposition entre l’oraison et l’action. Il n’a pas besoin d’attendre d’être dans une chapelle pour se tenir devant Dieu. Le temps passé à cuisiner peut devenir aussi profondément religieux que le temps passé à genoux devant le Saint-Sacrement.

C’est cette intuition que ses correspondants et son biographe transmettront après sa mort. Il cherche à conserver intérieurement le souvenir de Dieu dans chaque occupation, par de petites élévations du cœur, des actes d’adoration, de confiance ou d’offrande. Le but n’est pas de multiplier les discours, mais de rendre la présence divine progressivement familière.

Léon XIV résume admirablement cette voie dans sa préface de 2025. La méthode de Laurent, écrit-il, est à la fois simple et exigeante : elle demande de rappeler continuellement Dieu à notre esprit, dans nos pensées comme dans nos actions. Peu à peu, la présence divine occupe l’espace intérieur et les occupations quotidiennes elles-mêmes peuvent devenir plus légères.

Le christianisme cesse alors d’être divisé entre les moments « religieux » et le reste de la journée.

Toute la journée peut devenir prière.

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Le Dieu des casseroles

Léon XIV établit lui-même un rapprochement délicieux avec sainte Thérèse d’Avila. Dans sa préface, il évoque la grande carmélite espagnole qui parlait elle aussi d’un Dieu présent jusque dans les casseroles. Pour Laurent, la familiarité avec Dieu ne nécessite donc pas de quitter les tâches ordinaires. Elle consiste précisément à les habiter autrement.

Cette intuition explique sans doute pourquoi son œuvre peut toucher un homme comme Robert Prevost. Avant de devenir pape, celui-ci a connu des contextes très différents : religieux augustinien, missionnaire et responsable au Pérou, supérieur général de son ordre, évêque puis préfet romain. Lors de sa conférence de presse du 2 décembre 2025, Léon XIV relie directement sa spiritualité de l’abandon à ses années péruviennes, notamment à la période du terrorisme, ainsi qu’aux responsabilités auxquelles il ne s’attendait pas.

Laurent lui fournit une méthode d’une extrême simplicité : lorsque les circonstances deviennent incontrôlables, il reste possible de confier ce que l’on vit à Dieu.

Ce n’est pas une théorie sur la Providence.

C’est une pratique.

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« Si vous voulez savoir quelque chose sur moi… »

La déclaration du pape mérite qu’on s’y arrête. Les pontifes mentionnent naturellement des centaines d’auteurs au cours de leur enseignement. Cela ne signifie pas nécessairement que chacun ait façonné leur personnalité.

Avec Laurent, nous disposons d’une confidence beaucoup plus personnelle.

Dans l’avion qui le ramène de son premier voyage en Turquie et au Liban, Léon XIV explique qu’un journaliste allemand lui avait demandé quel ouvrage, en dehors de saint Augustin, permettrait de comprendre qui est Prevost. Il répond spontanément par The Practice of the Presence of God. Puis il relie cette lecture à une attitude fondamentale de sa propre existence : remettre sa vie entre les mains de Dieu et le laisser conduire.

Le rapprochement avec Augustin est en lui-même considérable. Léon XIV appartient à l’ordre de Saint-Augustin et ne cache rien de l’importance du père de l’Église dans sa formation. Placer un obscur frère carme du XVIIe siècle dans la même réponse montre le poids particulier de Laurent.

En décembre 2025, le pape choisira même d’offrir La Pratique de la présence de Dieu aux membres de la Curie romaine lors de ses vœux de Noël. Ce livre intime devient ainsi une recommandation adressée aux collaborateurs du gouvernement central de l’Église.

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Une spiritualité étonnamment adaptée au XXIe siècle

Pourquoi ce petit texte du XVIIe siècle touche-t-il encore ?

Peut-être parce que Laurent propose exactement l’inverse de notre fragmentation contemporaine. Nous séparons volontiers travail, loisirs, vie intérieure, téléphone, obligations et prière en compartiments successifs. Le religieux lui-même risque alors de devenir une activité parmi d’autres.

Laurent propose autre chose : ne pas ajouter Dieu à l’emploi du temps, mais apprendre à vivre l’emploi du temps entier en sa présence.

Cela peut concerner le religieux qui cuisine comme au XVIIe siècle, mais tout aussi bien aujourd’hui l’employé devant son ordinateur, le parent préparant un repas, l’étudiant dans le métro, l’infirmier dans un service hospitalier ou celui qui accomplit un travail répétitif. Rien de spectaculaire n’est requis.

C’est peut-être cette modestie qui donne à sa méthode une étonnante modernité.

Léon XIV insiste d’ailleurs sur ce caractère accessible. Le chemin de Laurent peut être vécu par tous précisément parce qu’il passe par l’existence ordinaire. Selon le pape, même nos occupations et nos erreurs peuvent recevoir une valeur nouvelle lorsqu’elles sont replacées dans la présence de Dieu.

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Un Français célèbre surtout chez les Anglo-Saxons

L’histoire réserve une autre surprise. Laurent de la Résurrection a longtemps été beaucoup plus connu hors de France que dans son propre pays.

Ses écrits franchissent rapidement les frontières confessionnelles. Le monde anglophone les diffuse sous le nom de Brother Lawrence, et The Practice of the Presence of God devient progressivement un classique de spiritualité chrétienne lu aussi bien par des catholiques que par de nombreux protestants. La bibliothèque de l’Université catholique de Lyon rappelle notamment l’importance de sa réception dans les milieux méthodistes à travers John Wesley.

Cette destinée explique probablement aussi comment un religieux américain comme Robert Prevost a pu rencontrer Laurent plus facilement que nombre de catholiques français.

Le paradoxe est savoureux : la France avait presque oublié un de ses spirituels tandis que l’Amérique continuait à le lire.

Puis un Américain devenu pape le lui rend.

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Le 26 septembre, Léon XIV revient chez lui sans y être jamais venu

C’est ici que l’actualité de septembre 2026 donne à toute cette histoire une dimension presque romanesque.

Le programme officiel du voyage pontifical prévoit que Léon XIV se rende le samedi 26 septembre à 10 h 15 à l’Institut catholique de Paris, où il doit rencontrer les membres de l’Assemblée synodale provinciale, des catéchumènes et des néophytes.

Or l’Institut catholique occupe précisément le site de l’ancien couvent des Carmes déchaux de la rue de Vaugirard.

C’est là que Laurent de la Résurrection a vécu.

C’est là qu’il a cuisiné.

C’est là qu’il a réparé les chaussures de ses frères.

C’est là qu’il a pratiqué cette présence de Dieu que Robert Prevost découvrira plusieurs siècles plus tard.

Et c’est là qu’il meurt en 1691. La BnF confirme son entrée au couvent parisien en 1640, sa profession en 1642 et sa mort à Paris le 12 février 1691.

L’Institut catholique a lui-même souligné le caractère exceptionnel de la coïncidence : en visitant son campus, Léon XIV marche littéralement sur les pas de celui dont les écrits ont profondément accompagné sa vie spirituelle.

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Le voyage en France possède donc un itinéraire caché

Vu de l’extérieur, le programme du pape paraît composé des étapes classiques d’un voyage apostolique : Élysée, UNESCO, Notre-Dame, Stade de France, Institut catholique, grande messe parisienne, puis Lourdes et Metz.

Mais l’étape de la rue de Vaugirard possède une profondeur beaucoup plus personnelle.

Léon XIV ne visite pas seulement une université catholique française.

Il entre dans le lieu où a vécu un homme qu’il lit depuis longtemps.

Le lien devient même particulièrement beau lorsque l’on observe le public que le pape doit y rencontrer : des catéchumènes et des néophytes. Des hommes et des femmes qui commencent leur vie chrétienne viennent écouter un pape qui, sur les lieux mêmes de Laurent, peut leur montrer qu’après la conversion commence quelque chose de beaucoup plus discret : apprendre à vivre chaque journée avec Dieu.

Le décor pourrait difficilement être mieux choisi.

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Laurent n’est pourtant pas un saint canonisé

Il faut ici résister à une tentation compréhensible. Laurent possède toutes les caractéristiques d’une figure de sainteté populaire : une vie humble, une forte réputation spirituelle et une œuvre qui nourrit encore la foi plusieurs siècles après sa mort.

Mais l’Église ne l’a pas canonisé.

Il convient donc de parler de frère Laurent, de religieux, de mystique ou de maître spirituel, plutôt que de « saint Laurent de la Résurrection ». Sa notoriété actuelle, amplifiée par Léon XIV, pourrait naturellement susciter un nouvel intérêt pour sa figure, mais elle ne doit pas conduire à anticiper une reconnaissance canonique.

Cette absence de canonisation rend d’ailleurs son influence sur le pape encore plus intéressante. Léon XIV ne le lit pas parce qu’un calendrier lui imposerait sa fête ni parce qu’il appartient au panthéon habituel des grands docteurs.

Il le lit parce que son message lui parle personnellement.

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Augustin pour la grande architecture, Laurent pour la vie quotidienne ?

Il serait probablement excessif de répartir aussi proprement les influences de Léon XIV, mais le rapprochement suggère quelque chose.

Saint Augustin lui donne une vision du désir humain, de la grâce, de la communion ecclésiale et de la recherche de Dieu. Laurent lui offre une sorte de traduction quotidienne : se remettre sans cesse en présence de ce Dieu, même au milieu du travail et des imprévus.

Cela permet aussi de comprendre un trait fréquemment observable dans les interventions de Léon XIV : une théologie solide accompagnée d’une spiritualité assez peu spectaculaire. La foi n’a pas toujours besoin d’événements extraordinaires. Elle doit prendre corps dans une fidélité quotidienne.

Laurent aurait certainement compris cette idée.

Lui qui cherchait Dieu au milieu des casseroles n’avait aucune raison d’attendre des circonstances idéales pour prier.

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Un maître pour une Église de gens ordinaires

Laurent de la Résurrection possède enfin un avantage immense pour l’évangélisation contemporaine : presque personne ne peut prétendre que sa voie est réservée à une élite.

Il n’était pas évêque.

Il n’était pas prêtre.

Il n’était pas universitaire.

Il n’était même pas particulièrement instruit.

Il travaillait de ses mains.

Et c’est précisément dans ce travail matériel qu’il développe une forme de vie mystique suffisamment forte pour traverser plus de trois siècles et atteindre un futur pape.

Dans une Église qui cherche aujourd’hui comment parler aux laïcs, aux travailleurs et à tous ceux qui pensent ne pas avoir le temps d’une vie spirituelle sophistiquée, ce vieux frère convers possède quelque chose d’étonnamment actuel.

Le message peut se résumer simplement : il n’est pas nécessaire de quitter sa vie pour trouver Dieu.

Il faut apprendre à l’y reconnaître.

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🐓 Pourquoi cela compte

Laurent de la Résurrection permet de comprendre quelque chose d’essentiel du rapport de Léon XIV à la spiritualité française. Avec Thérèse de Lisieux, Vincent de Paul, le Curé d’Ars, Marguerite-Marie, Dom Guéranger ou Charles de Foucauld, le pape peut puiser dans un immense patrimoine de saints et de traditions.

Avec Laurent, le rapport devient personnel.

Léon XIV ne dit pas simplement que cet auteur est intéressant.

Il affirme que son livre a façonné sa propre vie spirituelle.

Et le 26 septembre 2026, le hasard de l’histoire transforme cette influence intérieure en pèlerinage presque matériel. Le pape revient dans l’ancien couvent parisien où son maître spirituel cuisinait, priait et travaillait il y a près de quatre siècles.

Ce n’est peut-être qu’une étape de quelques heures dans un voyage apostolique très chargé.

Mais c’est probablement l’une des plus intimes.

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📌 À retenir

Laurent de la Résurrection, né Nicolas Herman vers 1614 en Lorraine, fut frère convers chez les Carmes déchaux de la rue de Vaugirard à Paris. Cuisinier puis savetier, il développa une spiritualité fondée sur la présence continuelle de Dieu dans les tâches ordinaires. Ses paroles, lettres et entretiens furent publiés après sa mort sous le titre La Pratique de la présence de Dieu. Léon XIV affirme que ce livre, avec les écrits de saint Augustin, compte parmi les textes ayant le plus profondément formé sa vie spirituelle. Le 26 septembre 2026, le pape se rend à l’Institut catholique de Paris, installé autour de l’ancien couvent où Laurent vécut et mourut.

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🏺 Note culturelle : Brother Lawrence, le Français devenu anglo-saxon

La célébrité internationale de Laurent possède quelque chose d’ironique. En France, son nom est resté relativement confidentiel, tandis que dans le monde anglophone Brother Lawrence est devenu un classique de la spiritualité chrétienne. Ses écrits ont circulé largement jusque dans les milieux protestants. Le retour de Léon XIV sur les lieux où il vécut constitue donc aussi une étrange boucle culturelle : un Lorrain devenu religieux à Paris, beaucoup lu en anglais, revient dans l’actualité française grâce à un pape américain.

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🎥 Vidéo

Léon XIV chez les Carmes : quatre siècles d’histoire
KTO consacre précisément un sujet à la visite du pape sur les lieux où vécut Laurent de la Résurrection et au rôle de ce dernier dans la spiritualité personnelle de Léon XIV.

On peut également regarder Léon XIV en France : un voyage spirituel et anthropologique, une chronique qui mettait déjà Laurent de la Résurrection au cœur de la préparation spirituelle du voyage français plusieurs mois avant l’arrivée du pape.

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📚 Sources

La déclaration la plus importante vient directement de Léon XIV, lors de sa conférence de presse du 2 décembre 2025 dans l’avion de retour du Liban. Il y explique que La Pratique de la présence de Dieu permet de comprendre sa propre spiritualité. Lire la conférence de presse du pape

Vatican News a ensuite publié intégralement la préface écrite par Léon XIV pour la nouvelle édition du livre de Laurent. Lire la préface de Léon XIV

Les Carmes de Paris présentent la vie de Laurent, son travail de cuisinier et de savetier et sa spiritualité de la présence de Dieu. Découvrir Laurent de la Résurrection chez les Carmes de Paris

Enfin, l’Institut catholique de Paris explique le lien entre son campus actuel, l’ancien couvent des Carmes et la visite de Léon XIV. Léon XIV à l’ICP sur les pas de frère Laurent

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🔗 Pour aller plus loin

◼️ Léon XIV remet Dom Guéranger au cœur du renouveau liturgique
Un autre exemple très concret de l’intérêt de Léon XIV pour une grande figure de la spiritualité française.

◼️ 30 août 1627 : Pierre de Bérulle devient cardinal
Pour replacer Laurent dans le grand XVIIe siècle spirituel français, celui de Bérulle, Vincent de Paul, Olier et Jean Eudes.

◼️ Saint Jean Eudes : le cœur sans renoncer à l’action
Une autre manière française d’unir vie intérieure et action, à la même époque que Laurent de la Résurrection.

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💬 Et vous ?

La spiritualité de Laurent de la Résurrection vous paraît-elle particulièrement adaptée à notre époque, où il devient parfois difficile de préserver une vie intérieure au milieu du travail, des écrans et des sollicitations permanentes ?

Et connaissiez-vous cette influence très personnelle d’un humble carme parisien du XVIIe siècle sur Léon XIV ?

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